sur les m'bolé du Zaïre

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Au centre du Zaïre, sur la rive gauche du fleuve, on trouve plusieurs ethnies qu'il est difficile de distinguer d'autant qu'elles ont des associations similaires: les M'bole, les Yela, les Lengola et les Metoko. Ces fermiers et chasseurs ont reçu leurs noms sous l'occupation swahili ou arabe avant la période coloniale. Divisés en lignages, ils sont extrêmement intriqués les uns aux autres au point que des statues sculptées par un groupe peuvent être trouvées dans un autre. Stylistiquement, de profondes ressemblances existent entre les M'bole et les Yela d'une part, les Lengola et les Metoko ou les Kumu d'autre part.

Ces ethnies avaient toutes des rituels de circoncision et d'initiation : l'association lilwa des Mbole et des Yela était une initiation donnée aux jeunes garçons qui pratiquaient déjà la pêche, enseignée par les femmes, et l'agriculture, enseignée par les hommes. Les enfants étaient emmenés dans la brousse pour développer leurs qualités d'endurance, de courage, de fidélité et de discipline ; ils subissaient les épreuves du jeûne et apprenaient la langue de l'association lilwa et ses secrets. Des masques abstraits et polychromes étaient utilisés lors de la cérémonie de clôture de l'initiation où l'on "sortait" les statues.

Ces statues sont de forme allongée, les bras pendant le long d'un corps étroit. Le visage en forme de cœur, avec des sourcils d'un seul tenant, porte une coiffure en hauteur qui accentue encore l'élongation de la silhouette. Du cou bref tombent les épaules et les bras qui semblent inertes et incontrôlés.

agrandir cette imageD. Biebuyck a montré que ces statues ne représentent pas des ancêtres, mais des hommes ou des femmes qui ont été pendus. En effet, l'association avait coutume de juger et de condamner à la pendaison ceux qui se rendaient coupables d'infractions aux règles de l'association soit en trahissant ses secrets, soit en commettant l'adultère, le meurtre ou en se querellant. Ces condamnés qui n'avaient pas droit aux funérailles ordinaires étaient enfouis dans la forêt. Bien qu'il ne s'agisse nullement de portraits, on peut parler de prototypes et noter que les visages n'expriment ni crainte ni concentration intérieure, mais plutôt une forme de " résignation triste ".

Le haut dignitaire isoya, juge dans les condamnations, présidait aux cérémonies de fin d'initiation. On sortait alors la statue du village que l'on attachait sur une litière à l'aide de lianes. Chacune statue portait un nom.

D. BIEBUYCK, " Sculpture from the Eastern Zaïre Forest Regions : Mbole, Yela and Pere ", in African Arts, IX, 2, 1975 et X, 1, 1976

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