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Les communautés lobi sont organisées autour
d'esprits de la nature appelé thil (pl. wathil}. Lorsqu'ils sont
honorés, ces wathil manifestent leur bienveillance sous la forme
de pluies abondantes, de bonne santé, de naissances nombreuses.
Ignorés, ils la retirent et entraînent des épidémies dévastatrices,
la sécheresse et la souffrance. Ces esprits transmettent aux devins
(thildar) les lois que les adeptes doivent suivre pour recevoir
leur protection, et ces lois religieuses constituent le ciment social
de la communauté. Ces esprits sont représentés par des sculptures
en bois ou en cuivre, appelées des bateba. Ces boteba (ou bateba)
peuvent être grandes ou petites, figuratives ou abstraites, et avoir
un certain nombre d'attitudes différentes qui symbolisent le pouvoir
ou le talent particulier que l'es prit utilise pour protéger ses
propriétaires. Une figurine comme celle-ci, se tenant de face et
le corps symétrique, peut être un boteba phuwe, ou personne ordinaire.
Elle peut avoir pour fonction d'assurer la fertilité des épouses
des propriétaires, du bétail et des champs, ainsi que le bien-être
général de la communauté... Sa grande taille permet de la dater
d'une époque assez ancienne où les puissants devins souhaitaient
de grandes figurines pour des thil "durs"' ou "sévères". Ces figurines
sont placées sur les tombeaux, dans un coin sombre de la maison
des propriétaires, avec beaucoup d'autres sculptures incarnant d'autres
thil, car il en faut un grand nombre pour taire face aux nombreuses
menaces du monde rural de l'Afrique de l'Ouest.
Christopher Roy
(Extrait de " Arman et l'Art Africain ", éd. Musée de Marseille
et Réunion des Musées Nationaux, 1996)
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