quelques informations de plus sur la société lobi et les statues "batéba".
(D'après un texte de Christopher Roy, in "Arman et l'Art Africain", édité par le Musée de Marseille et la Réunion des Musées Nationaux, 1996.)

la statuaire lobi, un exemple d'art de culte
lobi statuary, an exemple of cult art (the english version)
voir l'analyse (en anglais) sur un couple "bateba phuwe"
"the lobi of Burkina Faso" by Christopher Roy
voir un autre texte de synthèse sur les lobi

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Les Lobi sont un peuple important de cultivateurs, qui vivent au sud-ouest du Figure d'ancêtre féminin ou jumelle du couple mythique originel ?  Cliquez ici pour revenir aux infos sur cette statue=Burkina Faso, au nord de la Côte d'Ivoire, et au nord-ouest du Ghana. La population actuelle est d'environ trois à six cent mille personnes (selon les sources). Le territoire lobi est bien arrosé et peu boisé, avec suffisamment de pluies saisonnières pour cultiver le sorgho, le millet et le maïs, et des plantes tubercules comme l'igname. La saison des cultures correspond à la saison des pluies d'avril à octobre. Les hommes lobi débroussaillent les champs et préparent la terre. Les semailles et la moisson sont la tâche des femmes. Les hommes sculptent des objets en bois, forgent le fer et fondent le cuivre, pendant que les femmes fabriquent de magnifiques poteries.

Dans le passé, les Lobi ne tissaient pas. Il est bien connu que dans les communautés lobi, il n'y a pas d'autorité politique centralisée. Ils ne possèdent pas de système de chef ou de Gouverneur. La communauté est formée autour d'un esprit ou thil (ou d'un ensemble d'esprits, ou wathil), et non pas autour d'un chef politique. Ces wathil transmettent les lois religieuses (zoser) a la communauté par l'intermédiaire des devins (tildar), et ce sont ces lois qui régissent la communauté. Très peu de Lobi se sont convertis au christianisme ou à l'islam. L'architecture des Lobi est spectaculaire. Ils vivent dans de grandes maisons en pisé (et non pas en brique de terre), dans lesquelles chaque assise d'un mètre de haut est terminée sur la circonférence entière de la maison avant que la prochaine assise soit ajoutée. Les toits sont plats et sont utilisés pour dormir et pour faire sécher les récoltes. Dans chaque foyer lobi (tyor), un ancien, le tyordarkun, exerce son autorité sur tous les membres de la famille.

Les communautés lobi sont donc organisées autour d'esprits de la natureagrandir le monsieur de ce couple appelé thil (pl. wathil). Lorsqu'ils sont honorés, ces wathil manifestent leur bienveillance sous la forme de pluies abondantes, de bonne santé, de retour au x pages dédiées à  cette imagenaissances nombreuses. Ignorés, ils la retirent et entraînent des épidémies dévastatrices, 1a sécheresse et la souffrance. Ces esprits transmettent aux devins (thildar) les lois que les adeptes doivent suivre pour recevoir leur protection, et ces lois religieuses constituent le ciment social de la communauté. Ces esprits sont représentés par des sculptures en bois ou en bronze, appelées des boteba (ou batéba). Ces boteba peuvent être grandes ou petites, figuratives ou abstraites, et avoir un certain nombre d'attitudes différentes qui symbolisent le pouvoir ou le talent particulier que l'esprit utilise pour protéger ses propriétaires. Une figurine comme celle-ci, se tenant de face et le corps symétrique, peut être un boteba phuwe, ou personne ordinaire. Elle peut avoir pour fonction d'assurer la fertilité des épouses des propriétaires, du bétail et agrandir la statuedes champs, ainsi que le bien-être général de la communauté. Par contre, une autre statuette avec une expression déterminée et plutôt sévère indiquerait qu'elle est en colère, prête à agir contre un ennemi surnaturel, sorcier ou sorcière. La grande taille de cette statue permet de la dater d'une époque assez ancienne où les puissants devins souhaitaient de grandes figurines pour des thil "durs" ou "sévères". Ces figurines sont placées sur les tombeaux (c'est à   dire à l'extérieur, soit dans la cour soit en brousse, dans un endroit  reculé), ou dans un coin sombre de la maison, souvent dans une pièce spéciale de celle-ci, avec beaucoup d'autres sculptures incarnant d'autres thil, car il en faut un grand nombre pour faire face aux nombreuses menaces qui planent sur le monde rural de l'Afrique de l'Ouest.

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