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Chez les Songyé, la société bwadi bwa
kifwebe fonctionne comme un organe de contrôle au service de
l'élite dirigeante. Elle aide les autorités à maintenir leur pouvoir
économique et politique. Les dirigeants n'ont aucun scrupule à
taire appel aux forces surnaturelles sous forme de magie ou de sorcellerie.
Les
masques bifwebe (sing. kifwebe), font partie des collaborateurs
les plus puissants de cette société. Les visages de ces masques
sont recouverts de stries parallèles inspirées du pelage de certains
animaux, comme, par exemple, le zèbre ou le guib harnaché, auxquels
les Songye accordent une grande importance mythologique. On dit
des masques bifivebe qu'ils se situent en dehors de l'ordre
normal de l'univers. Une crête surmontant le visage distingue les
exemples masculins des féminins. La taille de cette saillie a une
signification hiérarchique : plus elle est grande, plus le potentiel
magique et la puissance mystique du personnage masqué sont importants.
Durant leurs danses (par exemple, pendant les rituels de circoncision),
les masques masculins adoptent un comportement capricieux et assument
une fonction de contrôle social. Les masques féminins, par contre,
sont plutôt associés au monde physique et à la reproduction. Leurs
mouvements sont plus calmes, car ils doivent activer les esprits
bienveillants, garants d'une nombreuse descendance. Ils sont également
en rapport avec la lune et se produisent au cours de rituels mensuels,
de funérailles et de fêtes de dation du nom.
Gustaaf Verswijver
(Extrait de " Arman et l'Art Africain ", éd. Musée de Marseille
et Réunion des musées nationaux, 1996)
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