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Le long texte ci-dessous consiste en une présentation
des lieux (classés comme «patrimoine
de l'humanité» par l'UNESCO), des gens, de la cosmogonie comme de la
vie quotidienne de ce pays dogon, pour la partie en tout cas qui est
centrée sur les falaises de Bandiagara.
Vous pourriez aussi, ce serait là un complément idéal
à cette lecture, vous rendre sur le site http://www.dogon-lobi.ch/dogonalbum.htm
où vous pourriez consulter 650 (!) photos sur tous les aspects
de la vie chez les dogon.
Ce texte semble être le décryptage
de la bande son d'un film de 52 minutes consacré au "pays dogon",
intitulé "Les Dogons du Mali", sous-titré "L'Arche du
Premier Ancêtre", qui a été réalisé
par Jean-Pierre Zirn et présenté plusieurs fois sur Arte
au cours de ces dernières années. Il s'agit donc d'un
travail de documentariste, non d'un travail "scientifique", bien qu'il
soit largement inspiré des nombreuses recherches menées
par les nombreux ethnologues qui ont "travaillé" sur les dogon.
Une association, l'A.R.C.H. (Aide à la Recherche
sur le Civilisations et les Hommes) est à l'origine de cette réalisation,
ainsi que d'une dizaine d'autres films documentaires, tous centrés sur
des minorités ethniques, depuis les Aïnu de Hokkaïdo, jusqu'aux Toradja
de Sulawesi, en passant par les Sioux du Sud-Dakota...et les Dogon
L'Association dispose d'un embryon de site internet dont l'adresse est
: http://perso.wanadoo.fr/civilisations/Assoc.html
mais je n'ai malheureusement pas réussi à trouver une
adresse e-mail correspondante. Si nécessaire, je suppose qu'on
doit pouvoir arriver à les joindre en s'adressant à ARTE
(http://www.arte-tv.com/).
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le sommaire du TEXTE
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brève synthèse sur tellem et dogon
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sommaire
du texte
- carte sommaire du pays dogon
- introduction
- géographie
du pays dogon: climat,
la falaise de Bandiagara,
dogon et Mali
- dogon
et préhistoire
- dogon
et histoire
- dogons
et voisins
- la
conception de l'univers des dogons
: Amma, le Dieu Suprême,
les systèmes solaires,
la création du
monde, les
Nommo, la
légende de l'arche
- les
croyances et les cultes: le
renard pâle, le
culte du Lebe, le
culte du Binou
- la
tradition: le
costume, les
masques...
- les
structures sociales: le
Hogon, le
Ginna Banna, le
forgeron, la
famille, les
voleurs...
- le
village: le
quartier, la
Ginna, les
concessions, le
toguna, les
greniers, la
forge
- la
vie familiale: la
maison, activités
et saisons
- vie
de dogon : la
naissance, l'enfance,
la circoncision,
l'excision,
les mariages,
la polygamie,
la mort
- activités
quotidiennes : l'agriculture,
le guano,
la pêche,
la chasse,
l'élevage,
les outils,
- commerce:
le marché
- artisanat:
filage, tissage, poterie

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le texte
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introduction
Le Pays Dogon semble perdu au milieu du Mali.
Mais il demeure l'un des sites les plus fascinants de l'Afrique de l'Ouest.
Les Dogon et la Falaise dans laquelle ils vivent représentent
un monde à part : un univers vertical, structuré autour
d'un Renard Pâle et de dieux sans pareils, de Forgerons et de"
Hogon", d'Initiés et de Débutants, de fêtes se déroulant
tous les 60 ans, de masques et de danses incomparables, de légendes
archi-complexes et fascinantes.
Les Dogon vivent dans une tradition animiste..
Au coeur d'un pays musulman.
géographie
Le Mali est comme une île de 1,24 million de km2 au coeur de l'Afrique.
En effet, le pays n'a pas de frontière côtière et
Bamako, la capitale, se trouve à 700 km à vol d'oiseau
de la plus proche côte.
Le Mali est un vaste ensemble de plus d'un million de kilomètres
carrés qui représente à lui seul 4,2% de la superficie
totale de l'Afrique.
Près des deux tiers du Mali sont englobés
dans la zone saharo-sahélienne, le reste étant baigné
par les fleuves Niger et Sénégal. Le pays dépend
donc de ses voisins pour son ravitaillement, comme toute nation ainsi
enclavée.
Le relief est peu accidenté, le point le
plus bas se situant à la frontière avec le Sénégal
(25 m) et le point culminant à Hombori, au centre de la boucle
du Niger (1 150 m).
Quatre grands massifs émergent de ce qui apparaît comme
un vaste plateau : au nord, l'Adrar des Iforas, amas chaotique culminant
à 900 m ; à l'ouest, le plateau mandingue (794 m) ; au
sud, le massif de Sikasso (820 m).
Enfin, à l'est, la falaise de Bandiagara, domaine des Dogon
climat
Le climat peut être caractérisé comme un climat
tropical aride, avec une moyenne des températures ne descendant
pas au-dessous de 18°, un fort ensoleillement et une absence de
microclimats qui va de pair avec le relief peu marqué.
Les pluies sont soumises au régime général
de l'Afrique de l'Ouest bien que la saison des pluies soit de durée
sensiblement égale d'une année sur l'autre (trois mois
environ)
Le paysage et la végétation accusent
d'énormes différences entre la saison des pluies et la
saison sèche. Les changements de paysage s'opèrent en
trois étapes :
- la saison des pluies très verdoyante de juin à octobre,
- la saison des cultures maraîchères entourent les points
d'eau, d'octobre à février,
- la saison sèche de mars à juin, où les dernières
mares étant asséchées, le paysage grillé
de soleil n'est peuplé que de la silhouette des arbres.
La région s'est beaucoup asséchée
sous l'influence de trois facteurs principaux :
- le premier est la diminution des pluies saisonnières qui alimentent
les nappes souterraines.
- Le second est la baisse de niveau du Niger qui alimente les nappes
phréatiques.
- Le troisième facteur est plus hypothétique : c'est la
disparition des crocodiles à la suite d'une chasse intense. En
effet, les sauriens entretenaient des galeries souterraines qui facilitaient
la circulation de l'eau.
Quand ils ont disparu, les galeries se sont effondrées
... Et l' hydrologie en aurait été modifiée!!.
La
Falaise
La
Falaise de Bandiagara est le repaire du Pays Dogon.
Elle définit quatre grandes zones:
- le Plateau, limité par le Niger à l'ouest et
la Falaise à l'est, : une région très accidentée
et difficile d'accès où les habitants ont peu de contacts
avec l'extérieur.
- La Falaise, la partie la plus connue du
pays Dogon.
Sa hauteur varie de 300 à 600 m; elle se présente sous
la forme d'une paroi abrupte, coupée de failles et dont la base
est couverte d'éboulis.
La plupart des villages Dogon ont été bâtis dans
cette zone d'éboulis, un véritable chaos rocheux incultivable
à l'exception de quelques champs minuscules.
- La Bande de terre, au pied des rochers,
la seule partie réellement cultivable. Elle court le long de
la falaise sur toute sa longueur. Cette bande de terre arable, enserrée
entre la paroi et une zone dunaire, varie de 500 m de large devant Dourou
à plusieurs kilomètres dans la région de Bamba.
Elle est traversée par des rivières temporaires qui coulent
des hauteurs à la saison des pluies. On y trouve la plupart des
cultures ainsi que les puits qui fourniront de l'eau jusqu'à
la fin de la saison sèche.
La paroi de la falaise forme des surplombs assez
importants ; elle est coupée de failles dont les plus importantes
ont été aménagées pour accéder au
plateau.
Les Dogons y ont construit des sortes d'escaliers de pierre ou des échelles
taillées dans des troncs d'arbres.
- Enfin, la Plaine, qui s'étend au-delà
du cordon dunaire vers l'est, jusqu'au Burkina Faso. Beaucoup de Peul
y transhument et l'implantation des Dogon y est plus récente
que dans la falaise.
La circulation dans la plaine est plus facile, l'isolement moindre,
et les habitants vivent du commerce entre le Burkina Faso et les villages
de l'intérieur.
Dogon
et Mali
Le Pays Dogon se situe au sud-ouest de la boucle du Niger, dans la région
administrative de Mopti (cercles de Bandiagara, Koro et Bankas), près
de Douentza et, au Burkina Faso, au nord-ouest de Ouahigouya.
Dans le cercle de Bandiagara, 80 % de la population est Dogon, de confession
traditionnellement animiste.
A l'est des cercles de Koro et Douentza, à la limite du Gourma,
c'est-à-dire du pays des Peul. Le pays Dogon est donc entouré
par un monde musulman : d'abord par les Peul, éleveurs nomades,
par les agriculteurs Mossi et Bobo, et par les pêcheurs Bozo.
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Dogon
et Préhistoire
Il semble qu'à l'origine les Dogon aient appartenu à un
groupe de familles issues d'un système politique d'Afrique de
l'Ouest fuyant une agression ou des désordre.
Il semblent qu'ils ont traversé le fleuve Niger et qu'ils se
soient dirigés vers l'est. Plusieurs hypothèses essaient
de relier cette épopée aux faits historiques qui bouleversèrent
la région.
Les Dogon ne sont pas originaires de la terre qu'ils habitent aujourd'hui,
bien que la région de la boucle du Niger soit habitée
depuis la préhistoire : on y a retrouvé des objets en
pierre taillée et polie. Jean Rouch a découvert, dans
la région de Hombori, des briques de terre cuite qui témoignent
de techniques plus élaborées. Toutefois, la prospection
méthodique de cette région reste à faire.
Les seules sources dont nous disposions pour connaître les anciens
habitants du pays Dogon sont la tradition orale et les vestiges des
habitations situées dans la Falaise.
La tradition orale nous livre plusieurs récits, avec leurs variantes.
Ils peuvent tous donner lieu à interprétations; toutefois
la chronologie reste à peu près identique.
Les premiers occupants connus du Pays Dogon seraient
de petits hommes appelés Bana (rouge) ou Tellem
ou encore Pygmées. Ils vivaient de chasse et de cueillette à une époque
où la forêt arrivait vraisemblablement au pied de la falaise.
Un peuple, nommé Kurumba, apprit aux Bana comment construire
des maisons sur les plates-formes de la Falaise. Des vestiges encore
visibles font apparaître des constructions en petites briques
en forme de petits pains non séchées et empilées
en quinconce.
Les murs avaient une dizaine de centimètres
d'épaisseur et l'entrée se faisait par une ouverture d'environ
70 cm de côté, placée à 20 ou 30 cm du sol.
Les vestiges les plus nombreux se trouvent au-dessus
du village de Irelli, ou encore près de Amani. L'accès
aux habitations se faisait par des cordages tressés de fibres
végétales ; certains permettaient de descendre directement
de la maison jusqu'au sol,.
Il est vraisemblable qu'un réseau de cordages, et
peut-être d'échelles, les reliait entre elles. La Falaise offrait ainsi
une protection sûre aux Tellem.
Les récits Dogon dépeignent les Tellem comme un
peuple d'un tempérament agréable et non agressif. Certains pensent qu'en
arrivant les Dogon rejetèrent les Kurumba vers l'Est, au-delà
du Burkina Faso, et qu'ils ne furent en contact qu'avec les Bana ou
Tellem, avec lesquels ils cohabitèrent quelque temps.
La tradition prétend que les cultivateurs Dogon défrichèrent la forêt
pour établir leurs champs, détruisant ainsi le moyen de subsistance
des chasseurs Tellem et les obligeant à quitter le pays.
Dogon
et Histoire
Une opinion situe la migration Dogon vers la Falaise aux environs du
XIVe siècle.
Les Dogon auraient été les serfs des empereurs Keïta,
qui régnaient sur le Mandé vers l'an 1300. Le Mandé,
le "pays où vit le roi", arrivant alors à sa décadence,
les serfs se seraient trouvés libérés mais sans
protecteur.
Le thème de la fuite devant un ennemi à
cheval revient toujours dans les légendes Dogon . Certaines précisent
même des musulmans. Il est tout à fait possible qu'il s'agisse
des Almoravides qui envahirent l'empire du Ghana entre 1050 et 1080.
Le thème de l'Ancêtre-Serpent est très important
dans la mythologie Dogon ; en l'an 1000, le Ghana était animiste
et la croyance principale concernait le Dieu Serpent du Ouagadou,
Les légendes anciennes du Mali ne parlent
presque pas des Dogon, bien que la proximité de Tombouctou, de
Gao et Djenné ait pu être importante pour eux.
Si l'on considère que durant sept siècles, ces grandes
cités ont été le centre culturel et commercial
de l'Afrique de l'Ouest, on peut penser que les Dogon aient subi certaines
influences.
Les Peul, qui furent les grands propagateurs de
la religion musulmane en Afrique, les ont harcelés en permanence.
La résistance des Dogon à l'islam les a obligés
à se replier sur eux-mêmes.
En 1893, le général Archinard, à
la tête des troupes françaises, s'empara de Bandiagara
; la ville, sur ordre du Hogon de Sangha résista victotieusement
pendant trois jours .
Et le pays Dogon ne fut totalement pacifié qu'en 1921.
Si l'occupation française a permis la pénétration
de missionnaires chrétiens à Bandiagara et à Sangha,
elle a eu pour principal effet de mettre fin à l'hostilité
entre les Dogon et les Peul ; cela permit aux Dogon de s'installer un
peu plus dans la plaine devant la falaise sans avoir à redouter
les envahisseurs ou les pillards.
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Dogon
et Voisins
Dogon et Bozo
Un point fort des relations de l'exode Dogon se trouve dans leurs rapports
avec les Bozo, leurs voisins qui semblent avoir toujours vécu
sur les berges du Niger: pêcheur set constructeurs de bateaux,
les Bozo ont toujours eu de bonnes relations avec les Dogon.
Les Bozo prétendent ne pas avoir de passé
et être nés d'un aigle pêcheur.
Mais il est admis qu'ils descendraient de familles ghanéennes
nobles émigrées, qui, arrivant sur les rives du Niger,
se seraient installées et auraient appris les techniques de pêche
des aborigènes. Ils se spécialisérent ensuite dans
la pêche et la navigation, un monopoles qu'ils détiennent
toujours.
La légende veut que des crocodiles aient
aidé les Dogon à traverser ; il est plus vraisemblable
que ce soit des Bozo. Bozo et Dogon se considèrent comme frères
de sang: ils se doivent assistance mutuelle, nourriture et logement,
et ne doivent jamais se combattre.
Un Bozo est chez lui chez un Dogon (et inversement) . Il peut même,
à son départ, emporter une partie des provisions de son
hôte (et réciproquement).
Ils connaissent, par jeu, toutes les injures de la langue de l'autre
et se livrent à des joutes oratoires dignes de charretiers, qui
ravissent généralement leur entourage.
Cette tradition est toujours vivante, mais il est rare qu'un bozo se
rende en pays Dogon.
Les Dogon racontent que les Bozo sont "frères"
à cause d'un enfant.
Un jour, un chef Bozo devant entreprendre un long voyage, demanda à
un dogon de garder son fils. La saison ayant été très
mauvaise, la disette s'installa ..
pour éviter que l'enfant Bozo ne meure de faim, le dogon lui
donna un morceau de sa cuisse à manger. Lorsque le Bozo revint,
il proclama au nom de son peuple que personne ne pourrait refuser quoi
que ce soit à un Dogon.
Ce cas d'alliance est assez rare entre ethnies très différentes,
ayant par ailleurs, peu de rapports commerciaux ou territoriaux.
Dogon et Peul
Les rapports entre Dogon et Peul ont souvent été houleux:
les Peul étaient (et sont encore), des nomades et des pasteurs.
Il y a seulement un siècle, ils circulaient dans la plaine et
n'hésitaient pas à faire des razzia dans les villages
à proximité des pâturages de leurs troupeaux.
Cependant, les Dogon avaient une arme naturelle pour se défendre
contre ces attaques:
la Falaise, ou plutôt, les éboulis au pied de la Falaise
qui gênaient la progression à cheval lors des tentatives
d'assaut.
Malheureusement, un autre type d'aggression n'a pas eu de réponse
convainquante de la part des Dogon : les Peul ont propagé la
foi musulmane dans tout le Sahel, et la Falaise n'a pas échappé
à cette influence.
Aujourd'hui, près de la moitié des Dogon sont convertis
à l'islam.
Les relations entre Peul et Dogon ne sont pas maileurs pour autant..
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la
conception de l'univers des dogons
Le savoir secret des Dogon est transmis de bouche
à oreille par des initiés que l'on nomme les Ouloubarou.
Chaque chef de maison doit transmettre son savoir à un jeune
qu'il juge capable de comprendre cette Parole et la transmettre à
son tour.
Dans les années 30, Ogotemmêli était
un chasseur rendu aveugle par l'explosion de son fusil. Ogotemmêli
avait été initié par son grand-père dès
l'âge de 15 ans.
L'ancêtre a regardé vivre l'enfant et l'avait jugé
capable d'être initié.
Longtemps plus tard, Ogotemmêli a longuement
côtoyé M. Griaule, un ethnologue français.
En 1936, Marcel Griaule a dialogué avec lui, pendant trente-trois
jours.
Peut-être le Vieux Sage avait-il senti qu'une nouvelle ère
arrivait et qu'il était nécessaire de transcrire la Parole
pour l'éterniser ?
Alors il a choisi de la transmettre à M. Griaule...
Amma,
le Dieu Suprême
Le Monde a été créé par le dieu Amma,
dieu unique se trouvant à la base de toute chose.
Le vieux Ogotemeli, l'Initiateur de M. Griaule aux croyances Dogon,
parle d'un dieu unique. Il est impensable que Ogotemmêli
ait pu être influencé par un missionnaire chrétien.
Lorsqu'il s'entretient avec Griaule, en 1947, il est au soir de sa vie
et n'est plus guère influençable.
En outre, cette notion de dieu unique est propre à plusieurs
ethnies africaines.
Il est donc vraisemblable que le monothéisme soit l'une des bases
de la croyance.
Les
Systèmes Solaires
Amma, maître de l'univers, organisa un système de planètes
qu'il a créé avec des morceaux de "terre", ce mot étant
pris ici dans un sens conceptuel.
Il lança des boulettes de terre dans le ciel pour donner forme
aux étoiles.
Une légende ajoute qu'il y a fort longtemps, les femmes décrochaient
les étoiles et les perçaient d'une tige pour les offrir
à leurs enfants;
La
Création du Monde
Amma fit de même pour notre système solaire.
Pour faire le soleil et la lune, Amma modela de la terre en forme de
deux poteries qu'il chauffa à blanc une fois pour toutes.
La Terre fut créée en dernier lieu
; Amma lança un boudin de terre dans l'espace, comme pour chaque
planète. A ses deux extrémités, la terre se sépara
comme pour figurer des membres rattachés à un tronc. Ce
corps schématisé était femelle, et une fourmilière
constituait son sexe tandis qu'une termitière figurait
son clitoris.
Ainsi, la Terre fut prête à recevoir Amma..
Amma avait créé la Terre pour s'accoupler
avec elle, mais la termitière, élément mâle
du sexe féminin, gênait la pénétration. Du
fait de cette gêne, cette union, au lieu de donner naissance à
des Jumeaux comme le dieu l'avait prévu, engendra un élément
unique, le chacal, le Renard Pâle. Pour les Dogon, celui-ci
symbolise les difficultés de Dieu qui bouleverseront perpétuellement
le monde.
Il reste le symbole du désordre.
Amma rasa donc la termitière et put s'unir
à la terre ainsi excisée.
C'est ainsi que l'excision apparut en terre Dogon.
Après l'excision et la destruction de la masculinité de
la terre, Amma put avoir des rapports normaux. Sa semence est toujours
associée à l'eau, source de toute vie, sans laquelle rien
ne pousse et l'homme ne peut pas vivre.
Les
Nommo
Les Jumeaux qui naquirent ensuite, furent donc liés à
l'eau.
Ils avaient l'apparence de l'homme et du serpent, de couleur verte,
le corps lisse et couvert de poils de même couleur ; leurs yeux
avaient la forme des yeux humains mais étaient de couleur rouge.
Leur langue était fourchue, le torse identique au torse humain,
le bas du corps adoptait la forme du serpent ; les bras étaient
souples, sans articulation et terminés par des mains palmées.
Tous deux s'appellaient Nommo; chacun est à la fois masculin
et féminin et leur essence divine leur fit rejoindre leur père
au ciel, où celui-ci leur transmit son savoir.
Ils sont présents dans toute humidité et toute vie.
Fils d'Amma et de la Terre, les Nommo sont les intermédiaires
entre les hommes et les cieux. Cette notion de Jumeaux est aussi spécifique
aux Dogon.
Alors que pour de nombreux peuples africains, avoir des jumeaux est
un malheur, en pays Dogon ce sont des êtres privilégiés
et la naissance gémellaire est un grand bonheur.
la
légende de l'Arche
Le premier couple de Jumeaux engendra huit Ancêtres. Ils étaient
doubles, mâle et femelle, et pouvaient s'autoféconder,
bien que quatre d'entre eux aient une prédominance mâle
et les quatre autres femelle. Ils se multiplièrent en huit lignées.
Dans les cieux, les Nommo avaient remplacé
le dieu Amma pour les décisions concernant la destinée
de la Terre et de ses habitants.
Ils voulurent faire progresser les hommes, mais ils ne pouvaient pas
leur parler
ni avoir avec eux de contacts directs.
Le Premier Ancêtre décida de
construire une Arche pour descendre sur Terre et aider les hommes Il
semble qu'il ait bénéficié de l'aide de Dieu pour
préparer son départ.
L' arche avait la forme d'un panier tressé à base
carrée et ouverture circulaire.
Elle était pourvue d'un escalier sur chacun des quatre côtés.
Chaque escalier portait ce qui devait peupler le
monde:
- l'escalier Nord, les hommes et les poissons, symboles des Bozo;
- l'escalier Sud, les animaux domestiques;
- l'escalier Est, les oiseaux;
- l'escalier Ouest, les animaux sauvages, les plantes et les insectes.
Pour compléter son équipement, l'ancêtre
rassembla sur la plate-forme tout un matériel de forge : masse,
enclume et soufflet, L'arche comportait tout ce qui est nécessaire
à l'homme : le panier, une unité de mesure, les figures
géométriques de base, le matériel de forge pour
fabriquer les outils, et même des graines contenues dans la masse
du forgeron.
Le vol du feu
Avant de quitter les terres célestes, il vola le feu à
l'aide du "bâton du voleur"; il prit des braises de soleil et
de fer et les cacha dans la peau du soufflet. Puis, dressé sur
la plate-forme, il fit descendre son vaisseau le long d'un arc-en-ciel,
soutenu par le fil qui se déroulait de sa bobine. Le Nommo femelle
l'attaqua avec un brandon, mais l'Ancêtre se protégea avec
la peau du soufflet et éteignit le bois enflammé avec
l'eau de son outre. Le Nommo mâle lui envoya la foudre, mais il
résista de même.
L'arrivée sur terre
L'Ancêtre tenait l'enclume dans ses bras.
Lorsque l'Arche toucha terre, le choc fut si violent que l'enclume lui
brisa les membres, créant du même coup les articulations
des coudes et des genoux. Ces nouvelles articulations permettront le
travail du sol et du fer, des membres souples ne permettant pas les
mouvements de levier.
Le choc de l'atterrissage dispersa les végétaux
et les animaux.
Dès que le Forgeron (ainsi l'appelle-t-on parfois) fut sur Terre,
les hommes qui y vivaient déjà purent se livrer aux travaux
agricoles.
Dieu avait transmis aux hommes la parole qui organise le monde, les
animaux, les semences et les outils pour travailler. Et la société
put se développer.
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les
croyances et les cultes
Le
Renard Pâle
Tout homme adulte peut être devin en demandant
à un ami de lui enseigner l'art. Les devins les plus appréciés
sont les hauts dignitaires de la société des Masques,
les chasseurs et les guérisseurs.
Les prêtres totémiques, le Hogon et tous ceux qui célèbrent
un culte à Amma et Nommo, ennemis du chacal, ne peuvent approcher
les tables de divination, mais en connaissent l'usage et les résultats.
Tout dogon, homme ou femme, peut demander à un devin d'interroger
le chacal en offrant les graines qui attireront l'animal. Ajoutons que
les devins possèdent également des tables dites tables
d'instruction, à douze cases, qu'ils utilisent pour interroger
le chacal à titre personnel.
De ce récit imagé, il nous faut surtout retenir l'idée
des fautes des humains, génératrices de désordres,
et fondement des principaux cultes Dogon : culte du binou, société
des masques qui représente le pagne rouge de la terre et les
hommes et animaux morts, culte du Sigi où la statue du serpent
est investie de la représentation spirituelle du premier mort.
Nous allons voir que cette mythologie est commémorée par
un certain nombre de rites.
le
culte du Lebe
Les Dogon ne possèdent pas d'écriture
et que leurs signes sont destinés à raconter la Genèse.
Leur transcription et leur transmission incombent aux hauts dignitaires
ainsi qu'aux prêtres totémiques : plus un homme connaît
de signes, plus il se rapproche du grand savoir. Les rituels Dogon sont
axés sur le concept de transmission de la force vitale nécessaire
à l'équilibre de la société, le Hogon étant
le gardien de la plus grande force.
Le principal culte est celui du Lebe - Dieu Serpent - dont le Hogon
est le représentant, et que l'on peut considérer comme
une cérémonie à la gloire du Nommo.
L'autel destiné à cette célébration
se trouve chez le Hogon et contient une parcelle de la terre de la tombe
du Lebe emportée par les Dogon lors de leur migration.
D'autres autels, consacrés au Nommo, peuvent
être trépartis dans le village,dans une ginna, sur la place
du village, dans le champ du Hogon ou à l'entrée du village.
le
culte du Binou
Le culte du Binou se déroule dans un sanctuaire
dont la forme varie selon les villages ; ce peut être une véritable
construction rectangulaire aux coins arrondis et dont la façade
est flanquée à ses extrémités de deux tours
rondes légèrement plus hautes que le bâtiment. La
porte du sanctuaire est souvent moins haute qu'un homme debout et bloquée
par de grosses pierres. Sur le toit, au-dessus de la porte, on place
deux ombilics où l'on fait couler les bouillies de céréales
et le sang des animaux sacrifiés ; entre les deux, une poutre
supporte le "crochet à nuages".
Le prêtre totémique conserve son matériel à
l'intérieur du bâtiment où il est seul à
pouvoir pénétrer, car personne ne doit voir les signes
secrets qui y sont tracés. La façade est couverte de signes
noirs, blancs et rouges.
Les autels personnels se trouvent à
l'intérieur des maisons.
En dehors des sanctuaires ou des grottes, les autels
sont le plus souvent de simples tumuli en terre. On les bâtit
avec une pierre levée recouverte de terre prélevée
dans une mare en souvenir du Nommo ; cette terre est mélangée
à des graines ou à celle provenant d'un autel plus ancien.Chaque
individu possède deux autels, un "autel de tête" et un
"autel de corps".
Les Dogon font des sacrifices sur ces autels en
vue d'augmenter leur force vitale ; à leur mort, leurs autels
personnels sont détruits.
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la
tradition
le
costume
Comme chez tous les peuples d'Afrique de l'Ouest,
les vêtements ont, pour les Dogon, une grande importance.
La base des vêtements traditionnels des Dogon était (et
est encore pour partie) composée de bandes de coton blanc fabriquées
par les tisserands. Leur largeur théorique est de deux fois 80
fils, soit entre 15 et 20 cm. Si certaines conservent leur teinte écrue
naturelle, d'autres sont teintées en brun, roux ou indigo.
La couture est l'affaire des hommes et certains
sont réputés pour leur habileté en ce domaine.
Avec l'âge, les vêtements changent, les deux parties habituelles,
le pantalon et la tunique prenant de l'ampleur.
Jusqu'à 40 ans, l'homme portait une tunique
courte et sans manches. Autrefois, le cache-sexe était remplacé
par une culotte qui descendait au maximum à mi-cuisse. La tunique
longue, fermée et avec manches, et le pantalon ample sont l'apanage
des vieillards.
Un accessoire important du vêtement masculin est le bonnet que
l'on voit de moins en moins en pays Dogon. Deux pièces de tissu
rectangulaire sont cousues ensemble sur trois côtés alors
que le quatrième laissé libre permet de poser la coiffure
sur la tête. Il y a huit manières de le porter qui toutes
ont un nom.r quand l'homme prend de l'âge.
La parure de la femme reste beaucoup plus symbolique, et se compose
surtout de bijoux et de scarifications. Il est rare de nos jours qu'hommes
et femmes, comme jadis, se liment les dents en pointe ou se couvrent
de scarifications.
Certes, on voit encore de vieilles femmes au ventre
couvert de motifs gravés : petits traits obliques et parallèles
formant des zigzags.
Alors que les vieilles vont souvent tête nue,
les jeunes femmes portent une pièce de tissu arrangée
en turban et les hommes affirment qu'on peut connaître le caractère
d'une femme ou son humeur du jour suivant la manière dont elle
arrange sa coiffe.
les
masques
Les Masques sont une véritable institution.Celui
qui possède un masque ne doit pas le faire savoir à ses
proches.S'il danse avec son masque, il ne doit pas être reconnu.
Les masques sont principalement employés
lorsdes cérémonies de funérailles.
Dans certains villages, il subsiste encore plus
d'une centaine de masques appartenant à des hommes qui composent
la Société des Masques.
On doit distinguer le masque proprement dit qui couvre la tête
du danseur et son costume qui peut comporter des variantes pour un même
masque.
Certains masques, comme l'agriculteur, le guerrier
Peul, le marabout ou le chasseur ne portent pas de jupe mais un costume
en tissu. Sur le visage, on fixe un masque proprement dit constitué
soit de fibres tressées en forme de cagoule décorée,
soit d'une pièce de bois sculptée en ronde-bosse. Les
cagoules sont généralement utilisées pour représenter
des oiseaux ou des êtres mythiques et parfois des êtres
humains.
Par opposition, les masques en bois servent à
figurer des animaux. On en distingue deux types : les masques représentant
réellement l'animal (c'est le cas des masques du singe noir,
de l'antilope, du lièvre, etc.) et les masques figurant un visage
humain surmonté du symbole de l'animal représenté
(singe blanc, kanaga, etc.).
Tailler un masque réclame de multiples précautions ; le
danseur doit faire des sacrifices pour se protéger du nyama des
arbres et paye un tribut d'un cauris au propriétaire de ces derniers.
Il taille le bois avec une hermiette . La taille se fait sur l'ensemble
du masque et une partie ne sera jamais terminée avant une autre.
Le danseur tient le masque en bois entre ses dents au moyen d'une tige
en bois passée dans deux trous au niveau de la bouche. Afin d'éviter
qu'il ne bascule vers l'avant, un filet attaché au sommet du
masque enserre également la tête. En outre, une corde joint
ce filet à une corde enserrant le buste du danseur. Ainsi le
masque ne peut pas bouger et suit tous les mouvements du corps et de
la tête.
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la
structure sociale
Le
Hogon
Le Hogon est le plus souvent le doyen du village.
Il peut assumer sa charge par voie héréditaire. Lorsqu'il
meurt, il n'est remplacé qu'au bout de trois ans, l'intérim
étant assuré par son fils ou le nouveau doyen.
Bien que le Hogon ait un pouvoir religieux absolu,
comme il ne peut se déplacer, il ne peut être chef de guerre.
Le Hogon ne peut sortir de sa maison ni marcher pieds nus ; dès
sa désignation, il est porté à dos d'homme jusqu'à
la "maison du Hogon". Il n'en sortira plus que mort. Malgré tout,
il est au courant des menus événements de la communauté
grâce à un réseau d'informateurs et les visites
des ginna bana les jours de marchés. Avant la colonisation, il
avait le monopole de la police et fixait les prix sur les marchés
; son assistant, muni du bâton de commandement réglait
les affaires selon ses instructions.
Théoriquement, le Hogon est inamovible mais, en cas de crise
grave, comme la guerre, le conseil des anciens a la possibilité
de le destituer pour le remplacer par un individu plus énergique
et plus apte à faire face à la situation.
Lors d'une l'audience, on ne peut s'adresser directement au Hogon et
il faut emprunter le truchement de son assistant, le kérou ou
kédiou.
Le Hogon est habilité à faire respecter les tabous religieux
et à punir.
Chaque jugement est sanctionné par une amende
dont la plus faible sera un poulet, mais le Hogon peut aller jusqu'à
ordonner la confiscation de tous les biens, l'expulsion du village et
même la démolition de la maison familiale, encore que les
colonisateurs français aient interdit cette dernière mesure.
L'institution du Hogon permet, dans la société Dogon,
de séparer pouvoir politique et pouvoir judiciaire.
Dans la maison du Hogon se trouve l'autel du lébé
qui contient une parcelle de la terre de la tombe du lébé
dans le pays d'origine.
Enfin, il existe un Hogon des Hogon, le Hogon de Arou auquel les Hogon
de chaque village peuvent faire appel en cas d'extrême nécessité...
le
Ginna Banna
Tous ces descendants d'un ancêtre commun vivent
dans une même communauté appelée ginna (prononcer
guinna) qui regroupe tous les individus mâles, leurs femmes et
leurs enfants. La communauté s'applique également au patrimoine
terrien que le groupe cultive, à une maison de famille où
vit le Chef de Ginna, appelé Ginna Bana et à un certain
nombre de maisons qui abritent les familles du groupe.
Le chef de la ginna est par tradition, le mâle le plus âgé
de la lignée.
Le successeur désigné ne prendra ses
fonctions qu'après la levée du deuil, soit six mois environ
aprèq la mort, car personne ne peut remplacer quelqu'un dont
l'âme est toujours dans le village.
Seule sa personnalité fonde le pouvoir du
ginna bana ; il n'a ni pouvoir de police, ni possibilité de répression
envers les membres de la famille, et ne peut donc compter que sur son
autorité morale. Les Dogon affirment d'ailleurs que "le ginna
bana ne peut donner d'ordres, mais qu'il il faut lui obéir".
De nos jours, la pénétration de l'islam et les concepts
occidentaux de plus en plus largement diffusés poussent les membres
de la ginna à demander plus d'indépendance et, dans certains
villages, les terres sont distribuées à titre définitif
aux familles réduites
le
forgeron
D'autres formes de pouvoir existent dans la société
Dogon.
Si les cultivateurs sont considérés
comme les seuls Dogon à part entière, les forgerons ont
un statut à part. Dans chaque village, le forgeron est craint
comme le représentant de l'ancêtre descendu de l'arche
et on fait appel à lui pour départager les menus conflits
familiaux. On prétend également que lorsqu'il bat l'enclume,
il fait entendre la parole du Nommo. Les Dogon considèrent qu'il
a des pouvoirs spéciaux parce qu'il travaille avec le feu. Il
appartient à une secte et habite un quartier ou un village réservé
à cette caste. Il ne cultive pas la terre et est seul à
pouvoir produire les outils et les armes nécessaires à
la communauté
Enfin, fabriquant les outils et les armes, les forgerons
sont perçus comme indispensables au bon fonctionnement de la
société. A l'opposé, les cordonniers, autre métier
de caste, ne jouent aucun rôle politique.
La
Famille
On se doit de distinguer le couple, famille réduite
composée de l'homme, de sa femme et des enfants non mariés.
Le couple se forme par le mariage, mais les Dogon affirment que "le
mariage continue la famille, mais ne la fonde pas".
Dans le couple, l'homme, représentant de
la lignée, occupe une position dominante ; la femme, venue de
l'extérieur conserve un statut d'étrangère et les
enfants, dès qu'ils marchent. appartiennent à l'homme.
Le couple habite une maison appartenant à
la ginna ou bâtie sur un terrain familial. Sa position hiérarchique
dépend de la position hiérarchique de l'homme dans la
famille.
Il existe aussi l' entité familiale de la ginna que l'on peut
considérer comme la Famille Etendue : étendue aux frères
et soeurs, aux cousins et parfois même à des serviteurs.
Il n'est pas rare de voir des cousins proches installer
une petite maison dans la Ginna familiale et partager ainsi à
temps complet la vie de la famille..
Les
Voleurs
Nous sommes ici en présence d'une tradition
rappelant le souvenir du forgeron qui vola le feu à Amma, mais
en aucun cas d'une secte ou d'une institution. Un enfant d' un aïeul
Voleur sera lui aussi voleur.
Dans ces circonstances, le voleur a un costume spécial, son visage
est enturbanné comme celui d'un Touareg ; il porte en bandoulière
un sac de peau et un trousseau de clés. Une corde est attachée
à sa ceinture, Il tient son bâton de voleur à la
main, bâton plus ou moins sculpté mais toujours de même
forme, grâce à quoi on le reconnaît.
Lorsqu'un voleur meurt , ses confrères organisent avec la veuve
la danse de leur association qui mime le vol. Les voleurs costumés
se regroupent, accroupis, en cercle pour se concerter, puis se déplacent
en file indienne, mimant une marche silencieuse et rapide, fondant sur
un animal imaginaire qu'ils fauchent avec leur bâton. Ils recommencent
à plusieurs reprises. Les voleurs du village organisent la nuit
même vols de poules ou de moutons dans d'autres villages ; celui
qui se fait prendre est battu. On retrouve le dessin du Bâton
du voleur dans de nombreux sanctuaires et les Dogon prétendent
que c'est le Forgeron qui l'aurait descendu sur la terre.Cette tradition
est assez mystérieuse et il est étrange que le vol soit
ainsi institutionalisé.
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le
village
le
quartier
Chaque village dogon possède une devise qui
lui est propre ayant un rapport direct, Les Dogon vivent en villages
: on ne trouve pas d'habitations isolées. Chaque agglomération,
ou groupe de quartiers et de hameaux, forme une entité administrative
indépendante, avec ses cultivateurs, ses artisans, ses chefs,
ses rites, ses fêtes et ses terres.
Lors de la fondation d'un village, le premier édifice
bâti est la maison des femmes qui ont leurs règles. La
maison des femmes est toujours construite à l'extérieur
du village et les agglomérations les plus importantes peuvent
en avoir deux. On la reconnaît à ce qu'elle est la seule
bâtisse circulaire.
Chaque village peut être divisé en
quartiers si le besoin s'en fait sentir.
Dans ce cas, chaque quartier devra reconstituer à son échelle
les éléments d'un village
la
Ginna
Tous les descendants d'un ancêtre commun vivent
dans une même communauté appelée ginna (prononcer
guinna) qui regroupe tous les individus mâles, leurs femmes et
leurs enfants.
La communauté s'applique également
au patrimoine terrien que le groupe cultive, à une maison de
famille où vit le chef de la ginna, appelé ginna bana
et à un certain nombre de maisons qui abritent les familles du
groupe.
Le chef de la ginna est par tradition, le mâle
le plus âgé de la lignée.Le successeur désigné
ne prendra ses fonctions qu'après la levée du deuil, soit
six mois environ, car personne ne peut remplacer quelqu'un dont l'âme
est toujours dans le village.
Seule sa personnalité fonde le pouvoir du
ginna bana ; il n'a ni pouvoir de police, ni possibilité de répression
envers les membres de la famille, et ne peut donc compter que sur son
autorité morale. Les Dogon affirment d'ailleurs que "le ginna
bana" ne peut donner d'ordres, mais il faut lui obéir".
De nos jours, la pénétration de l'islam et les concepts
occidentaux de plus en plus largement diffusés poussent les membres
de la ginna à demander plus d'indépendance et, dans certains
villages, les terres sont distribuées à titre définitif
aux familles réduites.
les
concessions
Il faut savoir que l'habitation d'un Africain ne
comprend pas seulement la maison mais aussi un espace clos devant et
autour de celle-ci, sorte de cour où se trouvent les dépendances
et où vit la famille.
Cet ensemble forme la concession, toujours cernée
d'un mur et dont l'entrée est fermée d'une porte ou, pour
les gens aisés d'une pièce formant entrée. C'est
pourquoi en Afrique de l'Ouest, on parlera rarement de maison et presque
toujours de concession, la maison n'étant qu'un élément
d'un ensemble nécessaire à la vie de la famille.
Cette notion de concession a une grande importance.
Les familles aisées possèdent une pièce qui sert
de sas entre l'intérieur et l'extérieur. Cela permet de
filtrer les visiteurs et de préserver la vie privée de
la cour principale.
le
To Gunna (toguna)
La Case à Palabres, leTo Gunna, est composée
d'abord et surtout d'un toit qui doit comporter en théorie huit
épaisseurs de bottes de mil. Des poteaux, en pierre ou en bois,
supportent le toit ; théoriquement, on doit en compter huit,
répartis en trois rangées, correspondant aux huit ancêtres.
Les rangées extérieures comportent trois poteaux chacune,
la rangée intérieure, deux poteaux.
La case à palabres doit obéir à
d'autres règles : ainsi doit-elle être carrée, orientée
nord-sud et le toit doit être bas (à environ l,20 m du
sol) afin d'avoir un maximum d'ombre et qu'on ne puisse s'y tenir debout.
Si le village est important, il possédera une case à palabres
par quartier; l'une d'entre elles, plus spacieuse et bâtie à
proximité de la place, servira aux palabres devant réunir
tous les villageois. Cette position s'explique par le fait que les festivités
villageoises ont lieu sur la place principale.
les
greniers
Le second élément bâti d'une
certaine importance est le grenier à mil. Dans le paysage urbain,
on remarque surtout les greniers alors que les maisons d'habitation
se noient dans le décor. Le nombre de greniers par concession
est fonction du nombre d'habitants et de la richesse de la famille..
Les greniers sont bâtis en terre, comme les poteries modelées
avec des boudins de terre. Les armatures sont faites de tiges de bois
plantées en carré.
Le grenier repose généralement sur
quatre grosses pierres qui supportent une claie en bois. On recouvre
ce plancher de banco qui formera le fond du grenier. Le maçon
monte les murs avec des boudins de terre qu'il lisse au fur et à
mesure comme une poterie, avec une épaisseur de 5 à 7
cm.Le grenier est toujours surmonté d'un dôme.
Si les dimensions extérieures et les formes sont assez semblables,
l'aménagement intérieur peut varier considérablement;
les greniers les plus simples n'ont qu'une ou deux portes, trois ou
quatre séparations internes . Les autres disposent d'une porte,
quatre compartiments en croix et quatre autres compartiments disposés
en forme de galerie avec une ouverture en haut pour y accéder.
On dit que ces compartiments représentent
les huit graines des ancêtres. C'est aussi le grenier de la femme,
celui où elle met tout ce qui lui appartient en propre.
Le toit, simplement posé sur le dôme, est formé
de la paille d'une herbe coupée en brousse. Les tiges maintenues
à leurs parties basse et médiane par une sorte de tresse
qui s'entrecroise entre elles sont réservées au sommet.
la
forge
La forge est à proximité de la place
et de la case à palabres du village. C'est un espace clos par
un assemblage de grosses pierres plus ou moins jointes dont le toit
est formé de branchages entrecroisés qui font de l'ombre
tout en laissant passer lumière et fumée.
Le toit est bas et on ne peut pas se tenir debout à l'intérieur
de la forge.
Pour travailler le bois, le forgeron dispose surtout de l'herminette
et de la lime, outils de base sans cesse utilisés. On ne doit
pas pénétrer dans une forge en l'absence du forgeron qui
reste un personnage important malgré l'introduction de matériel
de l'extérieur ; la communauté dépend de lui pour
les outils, les armes (lances et même fusils), clochettes et rhombes,
les bijoux, les statuettes, une partie du matériel de cuisine,
les portes, etc.
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la
vie familiale
la maison
Toute construction est érigée dans un lieu impossible
à cultiver.
Les Dogon vivent dans des villages fixes ; à la fin de leur migration,
plusieurs causes ont pu déterminer l'emplacement de ces villages,
comme par exemple l'existence d'un point d'eau permanent. Cette raison,
souvent déterminante semble beaucoup moins évidente de
nos jours lorsque nous considérons certains villages privés
d'eau de longs mois de l'année. La qualité défensive
du site sera également un facteur primordial. Les villages de
la falaise, plus anciens, ont tous été bâtis dans
des endroits faciles à défendre, les Dogon ayant utilisé
au mieux les caractéristiques de la falaise.
activités
et saisons
Les Dogon étant des cultivateurs, leur vie quotidienne est rythmée
par la succession des saisons et des travaux qui s'y rapportent.
L'année commence lors de la récolte du mil qui est le
moment clé de l'activité, car le mil forme la base de
l'alimentation. Dans une année de pluviométrie normale,
la récolte se fait au milieu du mois d'octobre.
L'année comporte treize lunes de vingt-huit
jours divisées en semaines de cinq jours. Pour certains observateurs,
les comptes sont approximatifs, mais pour d'autres, les Dogon comptent
les jours en faisant des nuds à une corde. Les marchés
ont lieu tous les cinq jours. La vie s'organise en deux saisons et deux
intersaisons:
- la saison sèche dure de janvier à mai (quatre lunes
environ). Pour les Dogon, c'est la période la plus difficile,
surtout de la fin du mois de février au début du mois
de mai. L'eau se raréfie de jour en jour ; c'est l'époque
des grandes épidémies, celle où la mortalité
infantile est la plus élevée. En avril ou mai il peut
se produire quelques petites pluies (deux à trois jours), annonciatrices
d'une bonne saison des pluies, mais trop faibles pour être utiles
à l'agriculture.
- l'intersaison de mai est très courte (une
lune) et précède les pluies. La chaleur est étouffante,
le ciel plombé de nuages noirs qui refusent de crever. Les puits
sont presque à sec, les légumes frais disparaissent des
marchés où on ne trouve guère que du mil. C'est
la saison bado.
- la saison des pluies s'étend sur quatre
à cinq lunes de juin à la mi-octobre. De nos jours, les
pluies commencent en juin et finissent vers la mi-septembre . C'est
l'époque des grandes cultures qui mobilisent tous les habitants
de la région.
- enfin, une intersaison prend place de la fin de
la récolte du mil au mois de janvier (environ trois lunes). C'est
le début de la saison sèche, mais l'eau est encore abondante
; on finit les récoltes et on commence les plantations maraîchères.
Cette saison porte le nom de bago.
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vie
de dogon
la
naissance
Les Dogon pensent que la conception se fait au moment des rapports sexuels
qui suivent immédiatement les règles, ce qui impute automatiquement
la paternité au mari de la femme, premier visité à
la sortie de la maison des règles. La durée présumée
de la grossesse varie suivant les besoins de justifier la paternité
d'un enfant.
l'enfance
Avant la circoncision, l'enfant est pratiquement intégré
à la société des adultes. I1 travaille avec ses
aînés et, en dehors des grands rites dont il est écarté,
il a sa part d'activité, égale à celle des autres,
en fonction de ses capacités physiques.
Les jeux de lutte, tant collectifs qu'individuels, suivent des règles
précises et chaque individu doit se purifier après un
combat. On assiste aussi à des jeux de corps, semblables aux
nôtres : saute-mouton, galipettes, etc. Comme d'autres peuples,
les Dogon utilisent la ficelle pour des jeux de construction ou des
exercices de divination ; les mères notamment apprennent à
leurs filles des devinettes symboliques avec un anneau de ficelle d'une
cinquantaine de centimètres.
la
circoncision
C'est avec la circoncision et l'excision que l'individu se fixe et quitte
l'enfance, monde où rien n'est stable. L'enfant n'appartient
pas encore au groupe social et donc, rien de ce qu'il fait n'est grave.
Il ne peut pas recevoir une devise, ni célébrer un culte
et possède encore la double sexualité, masculine et féminine,
cause de son instabilité.
La circoncision est un sacrifice fait à la terre qui boira le
sang du circoncis tandis que la chute du prépuce ou du clitoris
symbolise l'abandon de l'âme jumelle que l'être doit quitter
pour retrouver l'âme qui correspond à son individualité.
On attend qu'il y ait 10 à 15 jeunes gens
en âge de l'être, soit entre huit et douze ans. Ce contingent
forme un Tumo, une classe d'age, auquel ils seront identifiés
toute leur vie.
Le conseil des anciens fixe une date et les enfants sont prévenus
quelques semaines auparavant. Le circonciseur, généralement
un vieil homme, parfois un forgeron, n'appartient pas forcément
au village.
Le lieu de la circoncision est toujours le même
pour un village donné, choisi en brousse, loin du village et
de ses dépendances. Les enfants sont circoncis les uns après
les autres en commençant par les plus âgés. Chaque
enfant est déshabillé et assis, jambes écartées,
la verge posée sur un morceau de bois. Le circonciseur tranche
le prépuce vers l'arrière de telle sorte que le morceau
de chair enlevé reste enserré dans le nud coulant.
Dans les villages où vivent un médecin
ou un infirmier, l'opération se fait désormais au dispensaire
ou à l'infirmerie mais les enfants s'isolent encore pour faire
retraite.
Les nouveaux circoncis sont abondamment nourris
et on va jusqu'à les forcer à manger.
En règle générale, les jeunes circoncis dorment
dans une maison libre du village ou dans une grotte, sous la surveillance
des aînés.
Tout dogon, même s'il ne connaît pas
son âge exact, connaît son tumo qui, en la matière,
est la seule référence intéressante. S'il lui incombe
des travaux agricoles, il pourra compter sur l'aide de son tumo et il
lui sera lié à jamais.
l'excision
En ce qui concerne l'excision, les informations recueillies sont moins
précises, peut-être parce que la plupart des informateurs,
comme moi-même, sont de sexe masculin. Il semblerait que l'opération
se pratique sans assistance médicale, fut-ce celle d'un infirmier.
Elle a lieu à la saison sèche et jamais, nous l'avons
vu, en même temps qu'une circoncision.
L'excision a généralement lieu dans la maison des jeunes
filles, la dune, ou parfois chez une matrone respectable. Les fillettes
y passeront environ trois semaines sans en sortir. Durant cette période,
comme les garçons, elles recevront une nourriture abondante.
La jeune fille s'allonge sur sa mère qui demeure assise ; elle
garde les jambes écartées et une matrone l'excise avec
un couteau. Les soins post-opératoires sont pratiqués
par les vieilles du village.
Après l'excision, les jeunes filles sont considérées
comme "bonnes à marier". Elles vivent dans la maison des jeunes
filles, parfois chez leurs parents, avant d'être présentées
à leur fiancé.
les
mariages
En règle générale, les Dogon pratiquent trois sortes
de mariage:
- Le mariage à la naissance est naturellement un mariage arrangé
entre familles : deux pères, de ginna différentes veulent
resserrer les liens d'amitié qui les unissent et se promettent
respectivement un enfant, généralement un garçon
en bas âge lors de la naissance d'une petite fille. Dans le passé,
l'enfant n'était parfois même pas né.
Les familles travaillant alors généralement l'une pour
l'autre, ce type d'épouse est appelé Ya Birou (la
femme-travail). Cette alliance permet de travailler simultanément
dans les champs des deux familles à l'époque des travaux
agricoles qui réclament beaucoup de bras pendant un temps assez
court.
Naturellement, vu l'âge des promis, le choix se fait surtout en
fonction des qualités des parents ; on préfère
les enfants de père courageux, calme et honnête et de mère,
bonne épouse et ménagère. Dès lors que les
adolescents se savent promis l'un à l'autre, ils ne doivent plus
s'adresser la parole, mais au contraire s'éviter. S'ils se rencontrent,
ils ne doivent pas se saluer et tourner la tête.
Quand la date du mariage est fixée, les filles
se réunissent à plusieurs reprises en dehors du village
pour parler et se raconter des fables ; ainsi est brisé l'interdit
du silence envers le fiancé. Le soir du jour fixé pour
les noces, le fiancé, accompagné de son tumo se présente
devant la maison où loge le groupe des jeunes filles dont fait
partie sa promise.
Si la jeune fille n'habite pas dans le même
village, la coutume de l'enlèvement demeure, le plus souvent,
symbolique, sauf lorsque la femme est déjà mariée,
ce qui arrive parfois...La plupart du temps, les grands frères
du fiancé sont chargés de l'enlèvement, répété
trois fois. La troisième fois, c'est le tumo qui prend la responsabilité
d'enlever la jeune fille.
Un second type de mariage est le choix de la femme
par l'homme. La femme Ya kédou ou "grande femme" peut
être choisie parmi les jeunes filles non mariées ou enlevée
à un mari.
l n'y a pas d'ordre de préséance entre ya kédou
et ya birou; la première femme considérée comme
mariée sera la première à avoir un enfant.
Celle-là sera dite "avoir bu l'eau de la famille du mari".
Dans le troisième cas, la femme se choisit
un amant (sile) ; mais la liaison doit être limitée dans
le temps : au bout de trois ans, le sile doit rompre et offrir un cadeau
à la mère de sa maîtresse. Si elle est enceinte
la femme doit choisir entre revenir chez son mari ou devenir ya kédou
de son amant.
On comprendra que les unions soient assez libres, que le mariage ne
joue pas un rôle restrictif et que l'origine des enfants puisse
souvent être contestée.
la
polygamie
Les Dogon pratiquent la polygamie et considèrent que deux femmes
est un nombre idéal. Pourtant, dans certaines régions,
le nombre de femmes est seulement limité par la richesse de l'homme.
La polygamie n'est pas possible pour tous, car il n'y a pas assez de
femmes. Pour un homme, la pire des situations est de ne pas se marier
car c'est l'assurance d'une vieillesse pauvre et écartée
des responsabilités de la vie publique.
Economiquement, la polygamie se justifie : plusieurs femmes représentent
beaucoup d'enfants qui pourront cultiver la terre quand le père
sera vieux. La considération dont les vieux sont entourés
est directement liée au nombre de leurs enfants.
la
mort
Par son importance, le rituel de la mort tient dans la vie religieuse
des Dogon une place centrale. Le Sigi est la célébration
du premier mort chez les hommes et les fibres des masques sont liées
à cette mort.
Pour les Dogon, la mort est la séparation
des éléments qui constituent la personnalité. Toute
personne possède des âmes, un corps, de la force vitale.
A la mort, seul reste le corps, les autres éléments le
quittant et devenant une force active qu'il est nécessaire de
canaliser pour qu'elle devienne le nani d'un descendant du défunt.
Le rite funèbre se déroule en trois
temps distincts qui permettent à l'âme de quitter le village
pour se rendre au paradis des ancêtres.
- L'enterrement se déroule aussitôt après
le décès
- La cérémonie pour chasser l'âme de la maison n'interviennent
six mois à un an après. Mais, même après
ce rite, l'âme demeure dans les environs du village.
- Pour qu'elle parvienne au pays des Anciens, il faut célébrer
le Dama.
Au bout de trois à cinq ans
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activités
quotidiennes
l'
agriculture
la principale culture est celle du mil dont on distingue cinq
à six variétés ; par exemple le gros mil, ou sorgho,
dont l'extrémité de la tige ressemble à une grappe
de graines en bouquet. Un pied de sorgho peut atteindre deux à
trois mètres et porte des graines de couleur beige ayant deux
à trois millimètres de diamètre.
Le petit mil (emmo da)a une tige semblable à celle du sorgho,
mais son épi affecte la forme de celle du nénuphar ; la
graine est plus petite. C'est le plus commun.
La seconde culture importante dans l'économie
du pays Dogon est le riz. Les champs sont choisis inondables naturellement,
dans le creux de rochers ou le long de cours d'eau temporaires en plaine.
Sur le plateau, il faut parfois transporter la terre dans un lieu propice
mais stérile ; on construit alors, pour retenir l'eau, de petits
murets en pierre qui, de nos jours, sont de plus en plus souvent cimentés
afin d'augmenter leur étanchéité. Bien qu'il se
récolte un mois avant le mil, le riz n'est semé qu'un
mois après lui.
Les autres cultures sont surtout des cultures d'appoint.
Les plantations ont en général lieu en même temps
que celle du mil et dans les même champs pour les haricots, l'oseille
et le raphia. Par contre l'arachide et les pois de terre sont semés
dans des champs à part. Quelques villages cultivent l'igname
et d'autres tubercules.
le
guano
Une pratique étonnante amène certains Dogon particulièrement
courageux à se hisser dans les recoins les plus perdus de la
Falaise pour aller récolter .. la fiente des pigeons qui nichent
régulièrement dans les anfractuosités.
Grimper dans la Falaise n'est pas sans risque.. Et ce d'autant plus
que les hommes se hisssent à l'aide de cordes et de perches qu'ils
lient à des piquets fixés dans la paroi.
A tout instant, ils risquent de se casser le cou... Pour quelques francs
s'ils vendent leur récolte ou pour fertiliser quelques mètres
carrés de champs....
la
pêche
La pêche est une affaire de famille. Lorsqu'une mare se trouve
dans le domaine d'une ginna, on la vide de ses poissons à la
saison sèche. Souvent les voisins participent et le produit de
la pêche est partagé, la plus grande part revenant au propriétaire.
On ne mange frais qu'une faible partie du poisson ; le reste est mis
à sécher et consommé ultérieurement.
la
chasse
La chasse reste l'apanage des hommes ; tout homme peut chasser s'il
a une arme. En pays Dogon, la plupart des fusils ont été
fabriqués localement et sont donc très peu sûrs.
Dans les faits, ce sont surtout les vieux qui chassent. Le gibier est
rare et tout est bon à prendre : hyènes, serpents, chauve-souris,
grenouilles, etc.
L'animal le plus chassé est le singe car antilopes et gazelles
se sont raréfiés et paissent loin dans la plaine.
La chasse fournit un apport exceptionnel de viande ; on mange le gibier
en famille mais il arrive d'en donner aux voisins et amis.
L'élevage
Les animaux domestiques sont nombreux : poules et poulets vivent dans
la cour de la concession, escortés de canards s'il y a un point
d'eau permanent ; les moutons sont gardés eux aussi dans la cour
de la concession alors que les chèvres et les bovidés
paissent en brousse ; les ânes sont les seules bêtes de
somme et les chevaux sont devenus rares.
Poules et moutons peuplent toutes les cours de concessions africaines.
Chez les Dogon, ils forment la base des sacrifices aux différents
autels.
Les jeunes garçons ont la charge de garder les chèvres
en brousse et les ramènent chaque soir à la maison. C'est
une race de petites chèvres, très élégantes
et très agiles, tachetées de jaune, brun et noir. Elles
servent aux sacrifices et sont vendues au marché.
Les bovidés sont gardés dans la plaine.
Il y a encore quelques années, les dogons laissaient leurs bêtes
en garde aux peuls ; mais de nombreux différends ont surgi et,
de plus en plus, les dogons gardent eux-mêmes leur bétail.
Seules les familles riches ont du gros bétail qui peut servir
aux sacrifices ou être vendu comme viande de boucherie.
Jadis, tout haut dignitaire avait son cheval. De
nos jours, les possesseurs de montures sont de plus en plus rares et
on ne voit guère de chevaux qu'au pied de la falaise.
L'âne enfin est la bête de somme par excellence. Les dogons
ne les utilisent que pour porter des charges de bois ou de grain, mais
jamais comme monture personnelle, sauf accidentellement pour porter
un enfant fatigué ou rentrer des champs.
les
outils
Le paysan Dogon possède quatre outils agricoles de base :
la houe, la binette, la hache et la faucille.
La houe est l'outil principal et ancestral du paysan africain. Ce type
de houe est adapté au terrain à cultiver, où la
couche fertile est très mince et généralement sablonneuse.
Les Dogon commencent à utiliser la houe moderne,
conçue à partir de l'ancienne, mais utilisant un manche
droit et un fer plus large. Son angle d'attaque doit être très
faible, car elle ne fait que gratter le sol du fait de la minceur de
la couche arable.
L'herminette utilisée par le paysan est assez
grossière et souvent non affûtée. Son manche est
droit et elle sert à couper les pieds de mil lors de la récolte.
Tout paysan porte en permanence sa hache accrochée à l'épaule.
Le manche est très caractéristique, et son exécution
nécessite le bois d'un arbre dont la forme est appropriée.
La faucille ressemble à la faucille en usage
en Europe.
On trouve surtout en pays Dogon des outils de fabrication locale ; les
outils importés sont rares, non du fait d'un refus, mais plutôt
parce que les dogon ont peu d'argent liquide ; l'achat d'un outil au
marché grèverait trop leur budget.
Tous les outils sont fabriqués par le forgeron, le paysan fournissant
le manche.
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commerce
le
marché
Dans les villages le marché a lieu tous les cinq jours. c'est-à-dire
en fait toutes les semaines puisque la semaine Dogon comporte cinq jours.
Pour les femmes, le marché est le seul débouché
des produits qu'elles créent et dont la vente constitue leur
unique revenu.
Chacun a sa place : les bouchers côtoient
les marchandes de bière de mil, elles-mêmes suivies des
marchands ambulants et des vendeurs de tabac.
Les femmes viennent ensuite avec les produits agricoles. Les marchands
ambulants venant de l'extérieur ont généralement
un étal moins rudimentaire que les autres.
Le marché commence tard dans la matinée
alors que le climat commanderait de profiter de la clémence du
matin. Les femmes Peul viennent de la plaine avec le lait et le beurre.
Mais ce sont les marchands qui déterminent l'heure et ils viennent
de loin.
La dernière partie du marché est constituée
par les marchands ambulants, qui sont toujours des hommes. Ces marchands
apportent tout ce que le pays ne produit pas ou en faible quantité
seulement : sel, poisson séché, riz, engrais, manioc,
vêtements, outils, vaisselle en métal, tissus, etc. Au
fur et à mesure que les besoins augmentent en pays Dogon, le
choix se diversifie, mais le pouvoir d'achat restant faible, les produits
présentés sont surtout utilitaires.
Entre 13 h et 14 h, le marché bat son plein.
Vers 16 h les femmes commencent à retourner vers leurs villages
où elles parviendront à la nuit. Avec le crépuscule,
la paix revient sur la place du marché et chacun compte son gain
ou vante son achat.
Le lendemain un autre marché se tiendra dans un autre village
artisanat
le
filage
Le filage de la laine et du coton est dévolu aux femmes,. Elles
filent le coton avec une quenouille et une toupie chargée d'une
boule de terre séchée sur une peau de bête saupoudrée
de cendre fine. Cette cendre, passée sur le doigt permet de mieux
rouler le coton, fibre que les Dogon travaillent principalement, la
laine restant l'apanage des Peul.
le
tissage
Les tisserands sont toujours des hommes mais ne sont attachés
à aucune caste ; il peut malgré tout arriver que les cordonniers
soient tisserands. Comme il a besoin d'espace, le tisserand exerce son
art sur la place publique.
Il est de la même manière que le forgeron, l'image des
symboles de la création car le mouvement de la navette figure
la seconde parole du Nommo. Le métier à tisser est très
rudimentaire : Le métier employé permet de confectionner
des bandes de cotonnade de 15 à 20 cm de large.
La navette, faite d'une augette de bois aux extrémités
en pointe est lancée à la main entre deux groupes de fils
alternés Le battant, dont les pièces de bois sont soigneusement
taillées, contient le peigne aux dents faites d'éclats
de roseaux. Il a pour but de serrer les fils de la trame les uns contre
les autres.
Les bandes de coton ainsi fabriquées sont le plus souvent de
teinte naturelle mais il arrive que le tisserand travaille des fils
de couleurs et crée un motif à rayures où seuls
les fils de trame sont colorés, le fil de chaîne restant
blanc.
la
poterie
La poterie est exécutée par les femmes ; toutes peuvent
en faire mais certaines se sont spécialisées et quelques
villages sont connues comme étant ceux de potières.
L'argile est mélangée à des morceaux de poterie
déjà cuite et finement pilés. La potière
modèle un tronc de cône renversé qu'elle bat avec
un galet rond afin d'y ménager une cavité.
Le "canari", sphérique avec une ouverture ronde
plus ou moins grande à son sommet, peut varier de la grande jarre
à eau que l'on ne transporte pas à la petite cupule.
Après avoir été séchées à
l'ombre, les poteries sont entourées de bois, de bouse de vache,
de paille et de branchages et mises à cuire dans un trou recouvert
de pierres et de terre pendant toute une nuit. La poterie cuite prend
une couleur rouge-brun avec des auréoles noires aux endroits
trop cuits.
Les pots Dogon gardent l'eau très fraîche mais leur rusticité
les rend très lourds à porter.
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une brève synthèse sur tellem et dogon
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