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Les Bobo parlent une langue mande,
à la différence des Bwa ou des Mossi qui
parlent des langues voltaïques. Au nombre de cent mille
en Burkina Faso, les
Bobo sont également installés au
Mali.
Agriculteurs, les Bobo cultivent le millet, le
sorgho et le coton pour approvisionner les métiers à tisser des villes.
Sans gouvernement
centralisé, ils sont organisés en lignages dont les membres les plus
âgés forment le conseil des anciens chargé de prendre les décisions.
La notion de chef leur est profondément étrangère et ils la jugent dangereuse,
portant " une atteinte grave à l'ordre des choses tel qu'il a été fixé
par Wuro (le dieu créateur) ". (G. Le Moal, 1980).
C. Roy souligne leur cohésion sociale fondée
sur deux principes opposés : le
sens de la communauté qui incitait au travail en commun, et la notion
d'individuel ou de privé
qui ne concernait qu'une partie du lignage. Malheureusement, la culture
intensive du coton et les impôts exigés par les Français les amenèrent
à ne plus travailler les champs communautaires.
Les Bobo croyaient en un dieu Wuro, créateur
de la terre et des animaux. Le premier
homme créé fut un forgeron qui demanda un compagnon. C'est ainsi que
fut conçu le Bobo ou cultivateur. Puis Wuro se retira en laissant aux
hommes trois fils :
Dwo, chargé d'aider l'homme, Soxo, l'esprit de la nature sauvage et
de la brousse et Kwere, figure de sa puissance qui punit par la foudre.
Dans chaque village, des autels leur étaient érigés. Les forgerons étaient
les prêtres du culte de Dwo. Les esprits de la brousse et les ancêtres,
notamment le fondateur du village, recevaient des
sacrifices. Dwo était l'intermédiaire entre les hommes et le créateur
; les masques sont les supports de la tradition et leur signification
était révélée aux jeunes garçons pendant leur initiation. Habitant un
pays de savane sèche où la récolte dépend de l'arrivée des pluies, les
Bobo ont institué une série de rituels de purification pour se concilier
la nature, fondamentalement bonne chez eux à la différence de l'ambivalence
qu'elle possède chez d'autres ethnies. Comme il convient de réparer
les erreurs des hommes, les masques ont la fonction essentielle d'effacer
le mal et de réinstaurer l'équilibre donné par Dieu entre le soleil,
la terre et la pluie. A la fin de la saison sèche et avant la reprise
des travaux agricoles, des cérémonies de purification ont lieu avec
les masques en feuilles qui incarnent Dwo, les masques de fibres et
ceux de bois qui représentent les génies protecteurs du village : phacochère,
buffle mâle aux cornes plates, coq dont la crête est perpendiculaire
à la face, toucan, poisson, antilope, serpent et épervier. Tous incarnent
les forces de fertilité, de fécondité et de croissance.
On
a souvent quelque difficulté à distinguer les
masques des différentes ethnies du Burkina Faso,
d'autant qu'il y a eu de nombreux emprunts, même des
vols d'une ethnie à l'autre. A l'opposé des
Mossi, des Bwa ou des Nunuma qui sculptent des masques
à deux dimensions dont le décor
géométrique est peint en rouge, blanc et noir,
les Bobo utilisent une palette plus large pour des
composition à trois dimensions.
Bibliographie: G. LE MOAL, Les Bobo :
nature et fonction des masques, Paris, ORSTOM, 1980. C. ROY,
Art ofthe Upper Volta Rivers, Meudon, Chaffin,
1987.
(Texte de Françoise
Stoullig-Marin, tiré de"L'Art Africain" de Jacques
Kerchache, Jean-Louis Paudrat et Lucien Stephan, aux
éditions Citadelles)
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