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Des textes arabes du IXe siècle racontent l'histoire de villes comme Djenné et Tombouctou dont ils appellent les habitants des " bambara ". Au début du XXe siècle, ils furent colonisés par les Français. Au nombre d'un million neuf cent mille, les Bamana sont répartis en régions qui comprennent les villages placés sous l'autorité d'une famille dont le chef, fama, représentant du fondateur, jouit de pouvoirs considérables. Il joue également un rôle primordial dans les rituels agraires. En 1940, des archéologues découvraient les traces de royaumes antérieurs et des figures en terre cuite que les tests de thermoluminescence ont permis de dater des environs de l'an mil. Ces terres cuites sont la preuve d'une longue tradition sculpturale ; les premières figures en bois dateraient du XIVe siècle. Les Bamana croient en l'existence de forces spirituelles que mettent en action des individus capables de créer une atmosphère d'harmonie, de prospérité et de bien-être. Les Bamana ont une cosmologie très complexe. L'initiation se pratique au sein d'associations d'hommes plus ou moins présentes selon les villages : le n'tomo, le komo qui régit la vie communautaire, le nama, le kono qui règle les atteintes à la moralité, le korè et le tyi icara qui regroupe les jeunes agriculteurs. Ces sociétés dirigées par quelques anciens ont un caractère politique, économique, médical et exercent un contrôle social sur la communauté. Dans le sud du pays bamana,
l'association dyo accueille les hommes et les femmes
mais l'initiation est plus courte et moins dure pour ces
dernières ; celle des hommes dure sept ans et aboutit
à leur mort et à leur renaissance symbolique.
Elle se termine par de grandes fêtes masquées
auxquelles participent les nouveaux initiés qui vont
de village en village. Les initiés sont
Aux fêtes agraires de l'association tyi wara, les agriculteurs portent des coiffures en forme d'antilope représentant le personnage mythique qui leur a appris à cultiver la terre. Pour obtenir une récolte abondante, ils dansent au moment des plantations et des récoltes en imitant le pas de l'antilope. La corne serait le symbole de la poussée du millet. L'association komo, dirigée par les forgerons, accueille tous les adolescents après leur circoncision. Elle possède un masque caractérisé par une grande bouche et des cornes d'antilope auxquels s'ajoutent des éléments divers comme des mâchoires d'animal. Le masque, porté seulement par les forgerons, danse devant les membres du komo. Son aspect inquiétant évoque la brousse et ses dangers et sa force est telle, dit-on, qu'il peut tuer un adversaire. Chaque société a ses propres masques, ses cimiers de coiffure ou ses marionnettes. Ces masques apparaissent au moment des fêtes : à l'occasion d'un mariage, de l'inauguration d'un marché, ou sous un prétexte quelconque. Avec l'aide de la musique, de la poésie et de l'histoire racontée par les griots, ces fêtes constituent à la fois un divertissement et un rappel des valeurs sociales bamana. Danser lors d'une fête est, pour un jeune garçon, l'occasion de montrer son habileté personnelle et d'acquérir un certain prestige. Mais il devra, auparavant, prouver son adresse et obtenir des anciens l'autorisation de se produire en public qui peut lui être refusée ensuite, si sa première performance a été jugée médiocre. Les Bamana sculptent de belles figures, moins naturalistes que leurs " maternités ", des statuettes représentant des jumeaux, des serrures de portes. Honoré et gardé dans le sanctuaire du village ou à ses limites, le boli est un objet dont les composants magiques sont cachés au centre d'un amalgame d'argile, de bois, d'écorce, de racines, de cornes, de mâchoires ou de métaux précieux. Il peut avoir forme humaine ou prendre celle d'un hippopotame. Il n'est manipulé que par le chef ou un dignitaire religieux ; il est "nourri" de sang et de bière de mil versés dans un tube qui le traverse de part en part. (S. Brett-Smith). Le système symbolique complexe des Bamana se reflète dans une production abondante, liée aux fonctions rituelles et de qualités esthétiques variables. S. BRETT-SMITH, " The Poisonous Child
" in RES, n° 6, 1983. |
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